La chute : mettre des
mots sur les maux

En août 2017, aux prémices de mon aventure Ironman de Nice, j’ai fait une chute à vélo qui a fini dans le camion rouge. Sept mois plus tard, à deux mois et demi de l’Ironman de Nice, de la réalisation de mon rêve, j’avais toujours peur. Peur de rouler, peur des descentes, peurs d’enlever les mains du guidon. Pourtant, j’aimais vraiment ça, rouler. Sept mois. Sept mois à regarder les autres briller pendant que je continuais de rouler la boule au ventre. Inutile de vous dire, que d’avoir peur sur la partie qui s’annonçait la plus exigeante de l’Ironman de Nice, ça craignait, et c’était dangereux. Dangereux pour moi, mais aussi et surtout pour les autres participants dans le sens ou les peurs nous amènent souvent à des situations-décisions déraisonnées.

Vous savez ce qui est le plus « drôle » ? C’est qu’il ne m’aura fallu que deux petites semaines et deux fois une heure pour y remédier. Ou plutôt, pour oser en parler, oser mettre des mots sur mes maux, retrouver le sourire aux lèvres et remplacer ma boule au ventre par des papillons.

Deux fois une heure, ou plus concrètement, deux séances de psychothérapie. Voilà comment, en avril 2018, à l’approche de mon 23e anniversaire, je me suis offert le plus beau de tous les cadeaux.

C’est vrai que tu suis une psychothérapie ?

Ne vous y trompez pas. Cet article, bien qu’il vous livre la manière dont j’ai réussi à surmonter ma chute et mes peurs à vélo. Bien qu’il vous parle de mon Ironman. Il vous livre avant tout le début de ma psychothérapie personnelle. Pourtant, je vous assure, lorsque je me suis rendue au cabinet la première fois, je n’avais qu’une seule idée en tête : me débarrasser de cette peur pour l’Ironman de Nice. J’avais entendu dire que la sophrologie pouvait aider à surmonter certains traumatismes alors je m’étais dit : « pourquoi pas ? À deux mois et demi de l’objectif, je n’ai plus grand-chose à perdre, après tout. »

J’étais persuadé que j’allais « débarqué », m’allonger sur le divan, qu’elle allait me faire une séance de sophrologie et que je repartirai libérés de mes peurs. Vous n’imaginez pas qu’elle fut ma surprise lorsqu’elle a commencé à me poser des questions. Lorsqu’elle m’a demandé pourquoi je voulais participer à cette épreuve, l’Ironman et ce que représentait la chute pour moi ?

Lorsque j’avais présenté mon projet de l’Ironman de Nice, la première réaction de mes proches avait été de me dire « tu es folle, tu n’y arriveras jamais », « c’est trop dangereux » ou encore « fonce ». Mais personne, je dis bien personne, jusqu’à ce jour-là, m’avait demandé : « pourquoi ? ». C’est vrai pourtant, pourquoi une gamine de 22 ans, qui n’avait jamais fait de vélo et de course à pied de sa vie voulait à ce point faire un Ironman ? Qu’est-ce que ça cachait ?

Pareille pour la chute. J’avais peur, oui, ok. J’en ressentais les manifestations dans mon corps et pourtant à aucun moment, dans mon moulinage cérébral quotidien, je m’étais posé cette question pourtant simple : qu’est-ce que représente la chute pour moi ?

J’avais littéralement l’impression qu’une bombe à retardement venait d’exploser en moi. En réalité, avec ses questions, Marie venait juste de me livre l’arrosoir me permettant d’arroser cette petite graine au fond de moi qui ne demandait qu’à éclore.

La représentation de la chute (pour moi)

La chute. Bien qu’il n’en existe qu’une seule définition, nous en avons tous une interprétation différente. Une signification particulière façonnée à l’image de notre propre vécu, histoire personnelle. Pour certains elle est fatale, pour d’autres, c’est un tremplin. Aucune des deux interprétations n’est fausse, aucune des deux n’est vraie. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il n’existe pas une seule et unique interprétation, mais autant d’interprétations qu’il existe d’être humain sur terre. Chaque être humain interprète les choses conformément à ses propres croyances sur la réalité de la vie. Ce n’est ni bien ni mal, c’est comme ça.

La chute, pour moi, à ce moment-là de ma vie, représentait l’échec.

Nous y sommes. Le jeudi 31 août 2017, pour la première fois de toute ma vie, je venais de chuter. Au sens propre ET figuré. Voilà la raison précise pour laquelle cette chute, pourtant si anodine pour de nombreuses personnes, m’avait été si difficile à surmonter. C’était bien plus qu’une simple chute physique. En chutant à vélo ce jour-là, j’ai fait une chute encore plus grande à l’intérieur de moi-même. Je l’ai vécu comme un échec. Cela peut paraître hautin, pourtant, en 22 ans, je n’avais jamais vécu d’échec (ou du moins je ne l’avait jamais vécu comme tel), je réussissais tout ce que j’entreprenais et j’attribuais chacune de mes victoires à la chance. Ma peur, n’était finalement pas de rechuter à vélo et de me blesser physiquement mais, belle est bien d’échouer. Car, pour la première fois de ma vie, j’ai compris que moi aussi je pouvais me planter.

Et après ?

Après avoir mis des mots sur mes maux, Marie a enfin pu me faire une séance me permettant de surmonter ma chute. Depuis, je n’ai plus jamais eu peur à vélo. Bon, ok, peut-être à Aix-en-Provence et sa météo apocalyptique. Mais justement, voici une preuve que  la vie est incroyablement bien faite. Un mois après ce début de travail sur moi, j’ai fait un DNF (=abandon) à l’Ironman 70.3 Pays d’Aix. Seulement un mois et demi avant Nice. Je pense sincèrement que sans ce travail en amont, je n’aurais pas été capable d’abandonner cette course pourtant dangereuse ainsi que d’en mesurer le cadeau. Cet abandon m’a littéralement propulsé vers Nice.

Au-delà de mettre en lumière mes peurs, ce travail m’a permis d’ouvrir mon champ de conscience, d’aller chercher plus loin, de creuser la surface.  Cela fait un an aujourd’hui que j’ai débuté une thérapie personnelle. Jour après jour, je me demande des comptes, j’écoute, j’accueille, je déracine mes mauvaises herbes. Semaine après semaine je m’accepte, je grandis. Mois après mois j’ose, mais surtout, j’avance. Je pense que je n’aurais jamais fini de travailler sur moi-même, c’est le travail d’une vie. Mais aujourd’hui, j’ose vivre. Vivre la vie de mes rêves.

Le mot de la fin

Il y a un temps et un lieu pour tout. Un jour, vous vous rendrez compte que suivre son chemin, vivre, assimiler chaque instant, échouer lamentablement et réessayer, c’est ce qui fait de votre vie une expérience unique et magnifique. Si une situation ne vous est pas facile à vivre ou si une décision vous est difficile à prendre, il y a une raison à cela. Essayez de vous poser les bonnes questions, vous verrez, les réponses viendront d’elles-mêmes.

Toutes les réponses que vous cherchez se trouvent en vous – Mike Dooley

Faites confiance au timing de la vie. Tout se mettra en place. Et vous comprendrez exactement ce que chaque étape du processus était censée vous apprendre et pourquoi les choses se sont passées comme elles se sont déroulées.

Gardez confiance. Continuez de rêver. Et le plus important : continuez d’avancer.

Merci d’être là,

Laura

 

Casque : Abus AirBreacker ; Lunettes : Oakley Radar ; Tenue : Rapha Souplesse 

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