Chapitre 4 :
Col de salenton, où es-tu ?

Pendant les premières heures du jour, le jeu des lumières évolua pour notre plus grand plaisir dans un cadre sauvage avec de superbes panoramas. On prit le temps de savourer ce moment délicieux. Nous avions bien fait, car plusieurs difficultés techniques ont été rencontrées ce jour-là : sentier uniquement cairné, passage de gros blocs de pierre périlleux, névé et une grosse erreur de parcours qui modifiera le cours de notre randonnée. 

Mon tout premier sommet avait été montée par erreur. 

Ce n’était pourtant pas faute d’avoir prévenu Maxou 
 « ça fait deux heures qu’il n’y a plus le balisage du GRP, tu penses que c’est normal ? » 
 « oui, oui, il n’y a pas d’autre chemin »
Alors j’ai marché, mettant un pas devant l’autre, vide de toute pensée à l’exception d’une seule : avancer. 
Arrivé au sommet, il n’y avait plus de chemin. À la clef, une erreur de parcours et un fou rire.

Tous ces efforts valent le coup ; le panorama du sommet est tout simplement exceptionnel sur le massif du mont-blanc ainsi que sur les Aiguilles Rouges. J’avais la sensation familière de marcher à l’endroit précis où le ciel rejoignait la terre. Perdue, mais les pieds sur terre.

Pour deux sportifs, ne pas aller au bout de leurs randonnées et rebrousser chemin est habituellement difficilement envisageable. Mais, ce jour là, nous étions dans un endroit magnifique. La nature sauvage en elle-même était ce qui importait le plus. 

La descente a été longue. Mes jambes, tremblantes, ne répondaient plus trop. 
Il était là, invisible, comme le Col de Salenton que nous avions loupé 3h plus tôt. Sa présence m’inquiété autant que son absence. Mais, ce jour-là, alors que l’on tentait de redescendre sur la vallée, j’ai pris conscience que ça ne méritait pas autant d’attention. Il y avait tellement de choses plus fascinantes dans le monde et j’étais accompagnée de la plus merveilleuse des personnes. J’ai pleuré. Pas de fatigue, ni de joie, ni de tristesse ou des mois que je venais de passer à vaincre la maladie. Je pleurais parce que je me sentais riche. Riche de ces journées de randonnées, riche de ce que la nature m’offrait, riche d’être accompagnée de Maxou. Il parait que la montagne révèle notre véritable personnalité. J’étais riche d’être moi.

Nous avons posé notre tente au bord du ruisseau, en contre bas du refuge, deux heures plus tard. C’était le dernier soir de notre randonnée. Comme des enfants affamés, nous avons englouti toutes nos provisions sur les coups de 18h. Puis nous avons profité de ces derniers instants de douceurs, chacun dans nos pensées, avant de laisser la fatigue nous emporter dans les bras de Morphée.

Etape 1 : L’appel des montagnes

Etape 2 : Lac Blanc

Etape 3 :  La vallée de Bérard

Etape 5 : Vers Vallorcine et son café comptoir

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La vallée de Bérard

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