Jour 3 :
Quel monde merveilleux

Je me réveille à l’aube. Cette fois, c’est sans la moindre hésitation que je me lève, m’habille et descend le vieil escalier en bois du refuge sur la pointe des pieds pour m’éclipser profiter du lever du soleil. La Haute Route du Grand Paradis c’est aussi ça : ce moment de solitude, centrée sur moi-même pour faire une (petite) séance de yoga couplé à des exercices de sophrologie. C’est aussi le temps pour moi d’écouter mon corps, de ressentir ce qui se passe à l’intérieur de moi et d’accepter les tensions pour mieux les relâcher derrière.

Vers 7h, je retrouve le groupe dans la véranda du refuge pour prendre le petit-déjeuner. Ayant fini les stocks de provisions (= le fromage et le jambon) la veille, Ludovic nous commande des pique-niques pour le midi. Sachant que je mange sans gluten et qu’ils n’ont pas de pain « sans » pour mon sandwich, ils se démènent pour rendre mon pique-nique le plus copieux et alléchant possible, avec notamment, la double ration de chocolat en dessert héhé. En France, j’aurais sûrement eu le droit à tout un speech sur l’effet de mode du « sans gluten » (sans même me demander si j’étais cœliaque ou non au préalable, bien entendu…) alors qu’ici, au refuge Chivasso, en Italie, j’ai eu le droit à des personnes extrêmement bienveillantes et attentionnées.

Je crois à la générosité profonde de la nature humaine. Elle est simplement étouffée par la vie sociale. Là où je vais, la mascarade cesse et le meilleur ressort. –Mike Horn

REFUGE SAVOIA OU CHIVASSO – PONT – REFUGE VITTORIO-EMANUELE

Dénivelée positive : 800 m. Dénivelée négative : 700 m. 5 h de marche.

Compeed qui part en cacahuète, morceau de strap pour compenser et nok aux pieds, c’est parti pour cette troisième journée de randonnée sur la Haute Route du Grand Paradis. Cette fois, c’est à l’unanimité que nous choisissons l’itinéraire le plus simple.  Nous avons tous à l’esprit la journée qui nous attend demain : la découverte de l’alpinisme avec l’ascension du grand paradis, notre premier 4000m.

La descente vers Pont se fait à travers les alpages où l’on croise à nouveau des marmottes et des chamois sous un soleil éclatant. Plus nous avançons, plus nous avons la chance de redécouvrir une diversité de faune et de flore incroyable.

On s’arrête juste avant d’entrer dans la forêt. La Vallée d’Aoste s’étend en contrebas, mais nos regards sont tournés vers le sommet du grand paradis que l’on a la chance de pouvoir apercevoir de là où nous sommes et à peine ai-je le temps de rêvasser, qu’il est déjà le moment de repartir.

Pont

Arrivé à Pont, Ludovic essaye de me trouver du pain sans gluten à la petite épicerie du village (la reloue celle-là), en vain. Ça nous a tout de même permis de faire une bonne pause au soleil avant de reprendre la marche héhé.

À l’entrée du sentier nous amenant au refuge Vittorio-Emanuele, notre camp de base pour les deux prochaines nuits, il n’est que 11h30 et deux choix s’offrent à nous : s’arrêter pique-niquer en bord de rivière ou continuer de marcher jusqu’à ce que l’on trouve un endroit plat et accessible hors sentier. Vous vous doutez bien qu’en bonne gourmande que je suis, mon estomac me recommande le premier choix ! Mais visiblement, le reste du groupe ne semble pas être du même avis. C’est donc 45 min plus tard et 500m de D+ dans les jambes, que nous nous arrêtons pique-niquer (enfin).

La sieste est déjà devenue un rituel. Cette fois, je n’ai même pas besoin de lancer l’idée, tout le monde dort déjà. Il est 13h et c’est à peine réveillée que je dois reprendre la marche en direction du refuge Vittorio-Emanuele. Le reste du groupe avance à un rythme soutenu, mais mon esprit, lui, est encore entrain de faire la sieste sur son rocher. Je fais donc le choix de marcher (monter*) à mon rythme. Après tout, j’ai toute l’après-midi devant moi pour faire 300m de D+. Puis, je dois avouer que je ne comprends pas très bien l’empressement de mes camarades.

Refuge Vittorio-Emanuele (2732 m)

J’arrive au refuge vers 14h avec Yoann et François. Ça me laisse toute l’après-midi pour : me reposer et mettre les pieds dans le lac. Puis de manger un Snickers avant de prendre une bonne douche chaude à 3 euros. Enfin, de préparer mes affaires pour la belle et longue journée qui m’attend demain.

 

Le dîner a lieu dans la grande salle du réfectoire du refuge. Je suis surprise de voir autant de monde, ça nous change de nos deux précédents refuges. Au menu, le traditionnel plat de pâtes (sans gluten s’il vous plaît) en entrée, suivi de viande et de fromage.

Nous planifions notre réveil pour demain : 3h15. Départ : 4h. J’essaye de négocier quelques minutes supplémentaires, nos affaires étant déjà prêtes… Mais rien n’y fait.

C’est sereîne que je rejoins mon lit, sans vraiment réaliser ce qui m’attend demain : la réalisation de l’un de mes rêves.

 

Merci d’être là,

À demain pour mon premier 4000m,

Laura

 

Jour 1 : Vivre ; ça doit être une sacrément belle aventure >

Jour 2 : Accroche-toi à ta pensée agréable > 

Jour 4 : Rêve de 4000, ascension du Grand Paradis >

Credits Photos :Yoann Rochette

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