Ironman France
Nice 2018

« YOU ARE AN IRONMAN »

 

Je rêvais de terminer l’Ironman de Nice pour ma première année de triathlon et en partant de zéro. Il y a un an, je n’étais pas montée sur un vélo depuis 12 ans et j’étais incapable de courir plus de 30min. Alors forcément, rares sont ceux qui y ont cru. Mes propres parents m’ont regardé droit dans les yeux et m’ont dit « tu n’y arriveras jamais ». Moi, je le voulais plus que tout. Alors j’ai tout fait pour y arriver. Ben Pernet de BPC Coaching, mon entraineur, m’a préparé pendant huit mois pour cette journée et dimanche 24 juin 2018, c’était le grand jour.

Ce n’est pas un « Compte Rendu » de course. J’ai juste essayé de vous raconter cette journée hors du commun. J’ai tant de choses à vous dire et pourtant je sais que mes mots ne suffiront pas, que les émotions ne seront pas aussi fortes, que les joies ne seront pas aussi intenses mais je vais essayer…

24/06/2018 – 4h00 :

@matthieu_jt nous reveille. J’ai SUPER bien dormi (merci les séances de sophrologie et la méditation de la veille). C’est le grand jour bordel !
J’essaie de déjeuner : biscottes au beurre salé (pas changer sa routine hein @gaetan.marquilly ) mais je n’y arrive pas. Tant pis, je ne me force pas. Je prends une douche, colle mes tatouages « 462 » sur la peau et c’est parti !
Il est 5h du matin et deux mondes s’opposent. Celui des fêtards aux visages joyeux, tentant de rentrer chez eux et celui des triathlètes aux visages fermés, prêt à partir au charbon.
Arrivée dans le parc à vélo, je prépare mon vélo, pause mes bidons ect. Je croise @sarahdv31@cocoobongo@ceciliamrt, ces nanas que j’ai suivi durant toute ma préparation. Sans le savoir, elles m’ont données beaucoup d’espoir pendant ces huit mois de prépa… @maxoulejeune me gonfle mes pneus (#princesse). J’enfile ma combinaison, je galère bien comme il faut mais ça passe (plus ou moins). Maxou m’aide à la fermer, on se fait un dernier câlin/bisous et il fonce rejoindre son sas de départ.

 

6h30 : 3,8km de natation

Pas moins de 2600 compagnons à mes côtés. Je suis super contente d’être avec Matthieu pour ce départ. D’un commun accord on fait le traditionnel pipi – porte bonheur – dans la combi (sorry I’m not sorry) puis on se jette à l’eau. Le premier kilomètre se passe super bien, je pause ma nage, je double énormément de monde, le kiff ! Puis la bouée… A tribord toute : LA PANIQUE. Je prends des coups de partout, je vois une méduse au loin et je fais une déviation de 200m pour l’éviter… Sur le retour, de la première boucle je me retrouve à faire de la brasse (beaucoup de brasse) et j’avoue que je ne comprends pas trop ce qui se passe, la natation c’est mon sport m****. Arrive la deuxième boucle, plus petite. J’opte alors pour la stratégie « bouée après bouée » et bizarrement ça passe tout seul. A la sortie de l’eau je me dis que j’ai dû faire un bon 1h40 à ce rythme. Je sors finalement de l’eau en 1h15 (4050m au compteur) super contente d’en avoir fini avec cette partie. Je vois ma mère qui m’encourage, j’ai envie de pleurer, je suis juste super heureuse d’être là. Pour rejoindre la T1, on passe sous l’arche d’arrivée… Je la regarde et lui lance un « à ce soir ».

8h00 : 180km de vélo & 2000m de D+ dans l’arrière-pays Niçois.

Les 20 premiers kilomètres : « p***** je n’arrive pas à faire baisser ma fréquence cardiaque « . Sous les conseils de Ben, je reste PATIENTE le temps que mon cœur se calme. Je me fais doubler de tous les côtés. Puis les kilomètres passent vite, très vite. Je croise @cecilegiuge qui m’encourage avec une pancarte… Mamma mia c’est fou l’énergie que ça peut donner.

Arrive les 20km d’ascension vers le col de l’Ecre. J’ai la chance de l’avoir déjà grimpé avec Maxou il y a deux mois. Je sais donc à quoi m’attendre. Pas de grande difficulté, ni de gros pourcentage mais long, très long. Sur le début, @chr_thierry me reconnait, on échange quelques mots puis il s’envole. De mon côté, je prends mon temps, les yeux scotchés sur ma fréquence cardiaque. Au tour d’Amandine de me déposer et pleine d’énergie, elle m’encourage. Étonnement, à mon petit rythme de tortue, je réussi à remonter pas mal de monde. Alors forcément, je savoure ! Les paysages sont toujours aussi MAGNIFIQUES. L’Ironman de Nice est MAGIQUE.

Col de l’Ecre : je prends mon ravito perso, j’essaie de manger un bout de sandwich, je m’étouffe, ça ne passe pas… Tant pis. Je remplace mes bidons, me rends compte que je n’ai bu que deux bidons sur les 4 premières heures de course et mangé qu’une pâte d’amande. TENDU.

Etrangement, la suite du parcours passe assez vite. Il fait beau, grand soleil, petit vent frais, bref, les conditions idéales. Au KM 100,  je vois maman et @thjamet, je suis super heureuse de les voir, d’autant plus que je sais que le plus dur est derrière moi. Je n’ai plus qu’à kiffer. La descente vers Nice est ROYALE. Je suis seule au monde, je prends les trajectoires sans me soucier de rien ni personne. (C’est l’avantage d’être dans les derniers héhé). Alors que j’aperçois à nouveau la mer, je jette une dernier coup d’œil vers l’arrière-pays… le ciel est devenu –littéralement- noir. « Il est temps d’arriver »

Les 5 derniers kilomètres auront été les plus difficiles… Je cherche Maxou et Matt du regard sur le parcours course à pied, je ne les vois pas, je m’impatiente et là j’entends … « allez ma Laura » qu’elle bonheur ! J’arrive enfin au parc, je pose mon vélo à 1min du hors délais (ouf), je cours jusqu’à mon sac run, « OUPS ma montre », demi-tour, je récupère ma montre sur le vélo, « oh tiens, pause pipi », je (re)cours jusqu’à mon sac run, je me change, me tartine les pieds de NOK, mets mes chaussettes/chaussures et c’est parti.

Pour finir en beauté : 42,2km de course à pied sur la promenade des Anglais.

4 boucles d’environ 10km. Avec Ben on avait visé 6h de course à pied … Je regard ma montre, il me reste 5h50 pour boucler le marathon dans les temps. « C’est foutu, je vais être hors délais » – « ne t’arrête pas de courir et tu verras bien ».

1er boucle :

RAS, le cardio est là, les jambes sont là, Thibaut est là, je croise pleins de personnes que je connais de près ou de loin, tout va bien. Je n’ai pas le choix que de courir alors je cours… à un rythme de tortue, certes. J’ai la « chance » qu’il se mette à pleuvoir, ça me permet de garder un cardio assez bas. Je prends mon premier chouchou, l’ambiance est folle. Je croise mamoune, j’ai tant d’émotions que je fais une micro crise d’asthme, je respire, me ressaisi, et je repars.

2ème boucle :

LA PLUS DUR : « p**** mes reins », je m’arrête à chaque ravito. Il pleut (beaucoup) et j’ai l’impression de revivre Aix. Tous ces athlètes sous couverture de survie me donnent… froid. Clairement, à ce moment-là, c’est juste psychologique. Au demi-tour je recroise Amandine, elle me dit que Thibaut est juste derrière, il arrive « AMEN ». Il me file ma veste de pluie – ni vue, ni connue – ça me réchauffe (rassure*). « On va chercher ce chouchou », il ne me lâchera pas jusqu’à la ligne d’arrivée. Je passe le deuxième tour. J’ai mon chouchou. Je vois mon amour, il me montre la médaille, je pleurs et je refais de l’asthme émotionnelle. Jusqu’à ce jour je n’avais jamais couru plus de 15/16km et je venais de nager 3,8km, pédaler 180 bornes et de passer le semi-marathon.
À ce moment-là, je « sais » que je vais le finir. Peut-être pas dans les temps, mais rien n’y personnes ne peut m’arrêter. « Tu as déjà fait deux boucles, t’es bien, tu peux le refaire ».

3ème boucle :

« EASY » : Il y a une super ambiance entre le public, les bénévoles et les participants. Tout le monde s’encourage, c’est juste magique. J’avais pris une gourde de maurten pour la course à pied mais ça ne passe plus… 11/12h à avoir le même goût en bouche, c’est long et écœurant. Je prends un smecta et je commence l’eau/coca. Thibaut est toujours là, il m’aide à tenir le rythme. Je suis encouragée de tous les côtés, c’est vraiment impressionnant. À la fin de la 3ème boucle je vois @lorena_rdi qui m’encourage avec une énergie hors norme ! Clairement, elle m’a donné des ailes. Je prends mon dernier chouchou, le speaker viens vers moi « il te reste 1h45, je t’attends, je ne partirais pas sans toi » ça booste !

4ème boucle :

Psychologiquement, je sais que c’est terminé. Je sais que c’est dans la poche. Je sais que j’en suis capable. Je sais que rien ne m’arrêtera, pas même le soi-disant « mur » du Marathon. À chaque fois que je croise un coureur on s’échange un petit signe de la main (👍) en guise de « c’est good, on va le terminer cette Ironman»
Demi-tour et put***, la dernière ligne droite. 5km jusqu’à la finish line. Plus j’avance, plus j’ai l’impression qu’elle recul. Je demande à @thjamet toutes les 5min si je suis dans les temps. Je suis dans les temps. Je dois juste continuer de courir. « KEEP GOING »
Sur les derniers mètres, je vois tout Poissy Triathlon , qui m’encourage. Je n’ai pas de mots… Merci les gars. Thibaut me laisse « je te retrouve sur la finsih line » – « Non me laisse paaaaas »

 

FINISH LINE

Je la vois ! Elle est juste là, devant moi, rien que pour moi. Huit mois à pleurer en l’imaginant… Vous imaginez ? Le speaker annonce mon arrivée, je souris à m’en décrocher la mâchoire. C’est MA ligne d’arrivée, LA MIENNE et elle encore mieux que dans mes rêves les plus fous. Je tape dans les mains, c’est l’euphorie. J’AI RÉUSSI BORDEL. Maxou me remet la plus belle médaille que je n’ai jamais eu la chance de décrocher, celle que j’espérais en secret, celle que je suis allé chercher seule alors que quasi-personne ne croyait en moi. ELLE EST LÀ ! IL EST LÀ, mon amour, le premier à y avoir cru, je l’embrasse, le prend dans mes bras, je pleure de joie comme je n’ai jamais pleuré. Je vois Yoann, je le prends dans mes bras, cette Finish Line, je la lui dois. Pour couronner le tout, Frederik Van Lierde est là, il me serre la main et me félicite, Frederik Van Lierde ! Je savoure.

Certains auraient dit : « 15h50 de course pour 30 sec de bonheur » J’ai plutôt envie de dire « 15h50 de PUR BONHEUR pour 30 sec de JE N’Y CROIS PAS et UNE VIE CHANGÉE À JAMAIS ». C’est ouf, c’est dingue, je ne le dois qu’à moi et mon caractère de cochon. J’ai la chance d’avoir eu le courage de foncer vers mon rêve, de m’être donnée les moyens, de n’avoir rien lâché, jusqu’au bout. Peu importe ce qu’il faut où faudra faire. Je n’ai qu’un seul conseil à vous donner : FONCEZ vers vos rêves (sans vous préoccuper des autres).

MERCI

Merci à tous pour vos messages et encouragements, merci d’avoir cru en moi. Que vous soyez là depuis un an ou quelques jours, que vous étiez là en live ou en story (ou juste même en pensée).

 

MERCI POUR TOUT ❤

P.S : What’s next ?

Crédits Photos : Yoann Rochette

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Comments

  • Constance Marle

    26/07/2018 at 7 h 18 min
    Reply

    Encore bravo ma belle ! Je lis ton récit et me reconnaîs dedans. Et à +1mois ça fait du bien de revivre tout ça […] Read MoreEncore bravo ma belle ! Je lis ton récit et me reconnaîs dedans. Et à +1mois ça fait du bien de revivre tout ça car c’est encore bien là 🤗🙏🏼👊🏼 !!! Hâte de refaire une course ensemble. Bisous 😘 Read Less

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