Chapitre 2 :
Lac Blanc

Au réveil, je me sentais chanceuse d’être là, prenant mon petit-déjeuner sous fond de lever de soleil, sans le moindre bruit. Juste Maxence, mes pétales de Maïs et moi. Nous marchions à l’heure où la vallée commençait à peine à s’agiter. L’immense vallée de Chamonix s’étendait en contrebas. Malgré mon angoisse face à la montée qui nous attendez ce jour-là –  le Lac Blanc est l’un de ces endroits qu’il faut mériter lorsque l’on a 12kg sur le dos – je n’ai pas pu m’empêcher de m’extasier de tant de beauté. J’étais dans un endroit magnifique, un endroit que j’avais appris à aimer depuis mon enfance, en dépit de son austérité.

Je me souviens que pendant notre micro-pause pré-lac blanc ma seule préoccupation était de savoir qu’elle barre be kind j’allais bien pouvoir engloutir. J’ai englouti Peanut Butter en moins de deux secondes et nous étions repartis, prêt à atteindre le Lac Blanc.

J’ai râlé, j’ai maudit marguerite – mon sac à dos – d’être aussi lourd(e), j’ai pesté contre une nana de ne pas avoir respecté les règles de randonnées, j’ai espéré 10 000 fois que la prochaine montée serait la bonne. Les derniers mètres de montée m’ont fait perdre patience, mais où est ce lac Blanc ? Après 2h de montée, face à ce Lac, j’ai fini par comprendre ce qui m’avait poussée à elle [la montagne] : la quête éperdue d’une porte de sortie, alors que ce que je cherchais depuis le début, c’était une porte d’entrée.

Alors que je contemplais le lac, j’ai pris conscience que ce classique très fréquenté remplissait bien ses avantages : la couleur turquoise à faire pâlir l’eau des Caraïbes et son panorama de rêve sur le massif du mont-blanc et les Aiguilles Rouges me laisse aujourd’hui encore en écrivant ces lignes : sans voix.

3h plus tard, il était tant de laisser cet endroit derrière nous. Nous sommes passé au refuge (juste à côté du lac Blanc) pour remplir nos gourdes et nos poches à eau. L’un des employés du refuge nous a dits que l’eau, c’était « dans le lac » que l’on devait la puiser. On s’est regardé avec Maxence, se parlant du regard : est-ce une blague ? Mais non : « je vous conseille de la prendre dans le deuxième lac, elle est plus pure. » A nous l’eau du lac blanc et le micro pur.

Nous avons continué en contrebas pour rejoindre le lac de Chéserys, le sentier descend rapidement avec quelques passages équipés d’une échelle métallique que j’ai descendu tant bien que mal (oui, oui, c’est bien moi qui ai créer un embouteillage). Puis, il s’installe sur les flancs du massif des Aiguilles Rouges pour continuer « en balcon » jusqu’à hauteur de Tré le Champ. C’est là que nous avons aperçu le premier bouquetin de notre randonnée. Je n’ai pas pu m’empêcher de m’extasier devant tant de douceur. Nous avons continué notre descente jusqu’à ce que l’on se retrouve entouré de bouquetins. Véritables miraculés, les bouquetins ont failli disparaître des Alpes. On installera le campement ici.

Etape 1 : L‘appel des montagnes

Etape 3 : La vallée de Bérard

Etape 4 :  Col de Salenton ou es-tu ?  

Etape 5 : Vers Vallorcine et son café comptoir

 

 

0 comments
8 likes
Prev post: Chapitre 3 :
La vallée de Bérard
Next post: Chapitre 1 :
L’appel des montagnes

Related posts

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *