Chapitre 3 :
La vallée de Bérard

On ne s’y trompa pas. Ce matin-là d’août, le spectacle était là, juste devant notre tente. À croire que les bouquetins nous avaient intégrées à leur meute. Jamais, il n’a été aussi facile de se lever. Nous avons bu une tasse de thé et déjeuner avant de plier la tente et de redescendre tranquillement vers la vallée. C’est à ce moment-là que la fatigue musculaire a commencé à se faire ressentir. Je ne sentais plus mes jambes. Je ne le savais pas encore, mais cette expérience de quelques jours à aujourd’hui, considérablement changer ma perception de l’effort physique. 

Juste avant d’arrivée sur la vallée, ont a pris le temps de profiter de la fraîcheur d’un ruisseau. Puis le chemin passe le long de la cascade où nous avons déjeuné, vécus d’amour et d’eau fraîche. Le chemin est ensuite facile jusqu’au fond d’un vallon boisé et verdoyant, puis difficile, à flanc de montagne, exposé au soleil pour arriver en milieu d’après-midi au refuge de la Pierre à Berard, sous la pluie.

Tout ce qui comptait, c’était l’authenticité de ce que nous étions en train de vivre, la vue à couper le souffle, notre chocolat chaud et la gentillesse de la dame du refuge. Elle nous proposa de nous montrer les meilleurs endroits ou poser notre tente autour du refuge, mais il n’était que 16h et l’on avait envie de continuer. 

Je crois à la générosité profonde de la nature humaine. Elle est simplement étouffée par la vie sociale. Là où je vais, la mascarade cesse et le meilleur ressort.

– Mike Horn

En altitude, cela prend tout son sens.

Plus nous continuions d’avancer, plus je nous voyais devoir rebrousser chemin. Alors que chemin de terre laissé place a de la roche, Maxence, optimiste, continuait de crapaüter afin de nous trouver un endroit ou dormir. Sur les coups de 18h, on a croisé un groupe de jeune faisant la randonnée dans le sens inverse, on leur a demandé s’ils n’auraient pas vu un endroit de « plat » où l’on pourrait poser notre tente ? « À partir de là, il y n’y a que de la caillasse. Le mieux c’est de faire demi-tour »
Maxou, lui, en avait décidément autrement. Il me donna son sac, je l’ai vu commencer à courir dans tous les sens et revenir 10 min plus tard alors que je commençais à sympathiser avec un bouquetin, « J’ai trouvé un endroit ! ». Cet endroit est probablement le plus bel endroit où j’ai eu l’occasion de m’endormir, sûrement dû au fait que l’on l’avais bien mérité, mais aussi incontestablement grâce à sa vue imprenable sur les aiguilles et leurs neiges éternelles.
C’est des rêves pleins la tête que je m’endormis ce soir-là. 

02h00 du matin : la force du tonnerre, de l’éclair, de la foudre et des tourbillons de vent me réveille. Tant ces phénomènes naturels sont décuplés par l’altitude.
J’ai attrapé la main de Maxence (la broyant au passage), lui demandant si la tente faisait paratonnerre. Il m’a répondu que non avec décontraction la plus totale avant de se rendormir. 
Puis l’orage s’est éloigné me berçant de la plus brutale des façons. Je le savais, ici, j’étais en sécurité.

 

Etape 1 : L’appel des montagnes

Etape 2 : Lac Blanc

Etape 4 :  Col de Salenton ou es tu ?  Mont Buet

Etape 5 : Vers Vallorcine et son café comptoir

 

 

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